Hans Delrue

« Quand je vois tous ces gens autour de moi, si semblables les uns aux autres, si conformistes (...), qu'en conclure ? Combien de clones parmi eux, dites-moi ? » (extrait de la nouvelle La thérapie du clone)

15 déc 07:25

Et le verbe était dieu

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Début de l'intrigue : Maître Deckaert, redoutable assassin, a depuis longtemps quitté sa région natale, dominée par les prêtres du Silence, pour s'installer dans une cité méridionale. Il reçoit pourtant un jour la visite d'un jeune moine du Silence, apparemment égaré, qui lui demande son aide dans une quête périlleuse. Maître Deckaert accepte pour être quitte d'une vieille dette. S'agit-il d'assassiner quelqu'un ? Sans doute, mais le jeune moine élude les questions. Le vœu de silence sera-t-il le plus fort ?

Genre : fantasy


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Cette nouvelle a été publiée dans le webzine Plume Rouge n°3 en mars 2011.


Voir aussi le billet sur le blog.

Extrait

Alec attira aussitôt l'attention des buveurs attablés dans son voisinage. Ceux-ci interrompirent leurs conversations pour l'épier, cherchant à deviner ses intentions. Sous son manteau, le nouveau venu portait une tunique de pourpre tressée de symboles cabalistiques dont ils ignoraient la signification. Un prêtre ? Un magicien ? Ses mains fines, sa démarche hésitante, le capuchon rabattu sur sa tête pour dissimuler les traits de son visage, tout indiquait que le visiteur n'avait guère l'habitude de fréquenter ce genre d'endroit.

Une femme entre deux âges, grossièrement maquillée pour paraître plus jeune, s'avança en minaudant. Après tout, une fois dévêtus, les hommes n'étaient-ils pas tous la même masse de chair ?

— Un peu de détente, voyageur ? s'enquit-elle.

Le jeune homme fit non de la tête. Cela ne découragea toutefois pas la prostituée qui se rapprocha encore de lui. Outre son capuchon, le nouveau venu portait un foulard devant la bouche. Eh bien, en voilà un qui ne veut vraiment pas être reconnu ! pensa la fille de joie.

Elle tendit pourtant la main afin de caresser le visage du voyageur, espérant émoustiller ses sens par ce geste lascif. Le jeune homme, surpris, ne se recula pas à temps : les doigts de la courtisane s'accrochèrent à son foulard, dévoilant son menton. Celle-ci poussa alors un petit cri horrifié. Les lèvres du garçon présentaient d'horribles cicatrices.

Alec remit le tissu en place d'un geste vif. Les autres clients n'avaient heureusement rien remarqué.

— Je cherche Erik Deckaert, précisa-t-il.

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