Hans Delrue

« Toi non plus, tu n'as pas changé, me contentai-je de répéter en guise de réponse.
— Oh si ! s'esclaffa-t-il. - Tu ne penses pas que j'aurais pu conserver un tel corps à près de quarante-cinq ans !
 » (extrait de la nouvelle Ce qui nous change)

15 déc 07:24

Le fruit de mon imagination

précédente - suivante

Texte court écrit dans le cadre d'un appel à textes de 1000 signes (exactement) ayant pour thème le chat.

Genre : fantastique


En savoir plus

Cette nouvelle a été publiée sur le site Mot compte double (site de Françoise Guérin) en novembre 2009.


Voir aussi le billet sur le blog.

Texte

Le chat bondit sur le fauteuil et vint s'installer sur mes genoux. D'une main délicate, je le caressai, suscitant un ronronnement énigmatique.

— Quand te décideras-tu à foutre à la porte ce sac à puces ? grommela mon mari vautré dans le canapé.

Il ne comprenait rien au lien prodigieux qui m'attachait à l'animal. Ce dernier me fixa de ses yeux perçants et complices.

Je crus tout à coup entendre un intrus dans la cuisine. N’osant y aller, je lançai :

— Chéri, pourrais-tu me chercher un verre d’eau ?

J'indiquai le félin qui me contraignait à rester assise. L'homme ronchonna mais se décida à se mettre debout. Il alluma la lumière en entrant dans la pièce, puis poussa un horrible cri.

Le chat émit aussitôt un miaulement étrange et sauta sur le tapis. Je me levai à mon tour et pénétrai dans la cuisine. J'enjambai le cadavre de mon mari, gisant au sol poignardé, et regardai avec soin autour de moi.

Non, il n'y avait aucun intrus. Ce n'était que le fruit de mon imagination.

Les textes de ce site sont protégés par la législation sur le droit d'auteur.
English Nederlands Español Deutsch
Information in
other languages